Ma recherche porte sur l’action paysagère entendue comme l’action conduite par et pour le paysage. L’idée est de considérer les paysages « non plus comme reflet, point de départ ou d'arrivée de processus naturels ou sociaux, mais comme agent actif, partie
 prenante aux changements. A la fois un résultat et un facteur » (Sautter 1979). Cette approche permet d’articuler par l’action la double dimension du paysage (matérielle et idéelle) et de bien saisir sa dialectique : « les sociétés aménagent leur environnement en fonction de l'interprétation qu'elles en font, et réciproquement, elles l'interprètent en fonction de l'aménagement qu'elles en font » (Berque 1995). Partant du postulat que « lorsqu’un espace fait paysage pour un opérateur, celui-ci interagit alors avec celui-là et y trouve des embrayeurs d’action, un support à des jeux de langage et des pratiques » (Lussault 2007), l’objectif est alors de comprendre comment, par qui, pour quoi, pour qui, le paysage est « agit » et permet d’agir : « le paysage est un élément de la construction des environnements, un point de vue esthétique qui permet de l’apprécier et même de le gouverner dans des cultures données » (Blanc 2015)

 

Cette position du géographe qui « analyse du rôle de l’espace en tant qu’enjeu stratégique (pour la société) et tactique (pour les acteurs au quotidien) dans la reproduction des sociétés et les régulations sociales » (Séchet 1998) s’inscrit pleinement dans une géographie sociale dont le projet est d’étudier la dimension spatiale des sociétés. 

 

Mes objets de recherche sont donc les politiques publiques du paysage, les pratiques professionnelles des paysagistes, les controverses et mobilisations sociales autour des paysages. Mes travaux sont conduits à travers plusieurs programmes de recherche portant sur la patrimonialisation des paysages de Loire (PATRA), les démarches participatives par et pour le paysage (PDD2), les effets sociaux des processus de renaturation des rivières (REPPAVAL), ou l’exploitation didactique des controverses paysagères (FNS). Cette recherche est directement en prise avec ma mission pédagogique : contribuer à la formation des ingénieurs paysagistes, et plus largement des professionnels du paysage et de l’aménagement.

 

H.Davodeau